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Zoom sur une étude de VestiMed à Marseille - PC PACA

Quand une oreille est lésée, l’autre est-elle vraiment épargnée ? Dans une étude publiée dans PLOS ONE, Jessica Trico et ses collègues du PC PACA de l’IREV montrent que l’oreille vestibulaire non lésée s’adapte, de façon transitoire.

Comment étudier une perte vestibulaire unilatérale ?

 

Dans notre oreille interne, des cellules particulières appelées cellules ciliées nous aident à nous équilibrer. Une atteinte de ces capteurs provoque vertiges, déséquilibre, et parfois anxiété.

Pour étudier une perte vestibulaire unilatérale, une substance chimique est injectée dans l’oreille moyenne d’un rongeur, ce qui endommage de manière irréversible les cellules ciliées vestibulaires.

Après une atteinte de l'oreille interne, le cerveau s'adapte progressivement pour retrouver son équilibre.

Et qu'en est-il de l'oreille "intacte" ?

L’oreille non lésée s’adapte aussi

Trois jours après la lésion, le vestibule de l’oreille opposée a perdu une partie de ses cellules ciliées. Trente jours plus tard, il retrouve un aspect semblable à celui d’un animal non lésé : l’adaptation est donc transitoire. La cochlée, l’organe de l’audition, est quant à elle préservée.

À quoi cela pourrait-il servir, et qui dirigerait cette adaptation ?

Pour le comprendre, il faut savoir qu’au repos, nos deux oreilles internes envoient en permanence au cerveau un signal électrique. Lors d’un mouvement de la tête, un vestibule est activé et l’autre inhibé, c’est la comparaison entre les deux côtés qui indique au cerveau que la tête bouge. Quand une oreille est lésée, elle n’émet plus d’activité électrique et l’équilibre entre les deux côtés est rompu : le cerveau interprète cette différence comme un mouvement qui n’existe pas, ce qui contribue aux vertiges. L’oreille « saine » devient alors relativement plus active que l’autre.

Une piste : la perte transitoire de cellules ciliées observée pourrait limiter cet excès d’activité du côté non lésé, et ainsi aider à rééquilibrer les deux vestibules.

Reste à savoir qui coordonne cette réponse. Un candidat potentiel est le système vestibulaire efférent : un réseau de neurones dans le tronc cérébral qui projette vers les cellules ciliées des deux vestibules. Il pourrait ainsi détecter cette asymétrie d’activité et enclencher des mécanismes de plasticité pour réduire cette asymétrie en entraînant la perte de cellules fonctionnelles. Encore plus intéressant, son rôle est connu pour régler la sensibilité des cellules ciliées, un peu comme un bouton de volume, ce qui aiderait à réduire d’autant plus l’activité des cellules ciliées contralésionnelles.

Ces hypothèses restent bien sûr à confirmer.

Take home message

  • Une lésion vestibulaire unilatérale, des changements bilatéraux.
  • L’oreille « intacte » ne peut plus être considérée comme un simple témoin.
  • Prochaine étape : identifier les acteurs de cette plasticité périphérique inattendue.
  • Autre volet de l’étude : les réponses gliales dans la compensation vestibulaire.

Référence

Trico, J., Watabe, I., Parameshwarappa, V., Lapotre, A., Godaert, L., Tonetto, A., Chabbert, C., Zwergal, A., Tighilet, B., 2026. Central and peripheral plasticity after chemical unilateral labyrinthectomy: Glial responses, calyces dynamics, and behavioral consequences. PLOS ONE 21, e0355839. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0355839

Page illustrée et rédigée par J. Trico

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